Une histoire de bois de chauffage plutôt morose !

Une histoire de bois de chauffage plutôt morose !

Dans une transaction il n’y a pas que le prix qui peut être important. Un moment donné j’ai un client acheteur qui décide de faire une promesse d’achat sur une propriété que nous venions de visiter ensemble. On établit un prix qu’ils veulent payer, une date de prise de possession et vient le temps de confirmer les inclusions que l’acheteur demande au vendeur.

Nous y plaçons des items normaux, les luminaires par exemple, puis l’acheteur dit; on est à l’automne et pour le poêle à bois, j’aurai besoin de bois de chauffage alors il y a environ 8 cordes de bois de chauffage déjà cordés juste à l’arrière de la maison donc, je veux les avoir car rendu à ce temps-ci, j’aurai de la misère à en acheter et surtout d’en trouver du sec. J’ajoute donc les 8 cordes de bois de chauffage dans les inclusions dans notre promesse d’achat.

Je prends donc rendez-vous avec le courtier du vendeur pour présenter la promesse d’achat de mon acheteur au vendeur. Je me rends chez le vendeur rejoindre le courtier du vendeur et son client. Je dépose ainsi la promesse d’achat en expliquant les points que mon client a mentionnés dans la promesse d’achat. Le prix, c’est ok pour le vendeur, la date de la prise de possession fait l’affaire de tout le monde mais lorsque j’arrive au point des inclusions, le bois de chauffage semble devenir problème au niveau du vendeur. Je demande alors pourquoi et j’explique le point de vue de mon client acheteur en disant que le bois sera difficile à trouver pour l’hiver qui vient. Le vendeur me dit alors que justement, il ne veut pas laisser son bois car il va en avoir besoin lui aussi dans sa nouvelle maison et qu’il ne pourra pas en trouver non plus. Il est donc très fermé sur ce point et il me mentionne que ce n’est pas du bois qu’il vend mais plutôt une propriété et que l’acheteur ne sera pas assez fou pour ne pas acheter s’il n’a pas le fameux bois de chauffage. J’ai offert de mettre un prix supplémentaire en contre-proposition pour trouver un terrain d’entente mais le vendeur dit que ce n’est pas le prix mais plutôt la rareté du bois de chauffage sec et de bois franc de qualité qui est le problème alors il ne veut pas du tout laisser son bois et ce, quitte à perdre la vente de sa maison.

Je retourne donc auprès de mon acheteur pour essayer de négocier un terrain d’entente pour finaliser la transaction et à ma grande surprise, il est complètement fermé à l’idée de ne pas avoir le bois et même de payer plus cher pour l’obtenir. Il me sort lui aussi le fameux point : si le vendeur est assez fou pour ne pas me laisser son bois de chauffage, je n’achèterai pas sa maison et on va en trouver une autre tout simplement.

J’ai tenté de récupérer la situation malgré le bon vouloir de l’autre courtier également mais rien à faire, les deux clients sont fermés complètement et nous n’avons finalement d’autres choix que de laisser tomber et de se résigner à ne pas avoir trouvé de solution à ce problème. Il faut dire que c’est plutôt un entêtement de la part des deux parties qui a mené à cette finalité car le vendeur aurait très bien pu vivre un hiver soit sans bois de chauffage ou en avoir de moindre qualité et c’est la même chose pour notre acheteur, il aurait pu chauffer cet hiver là uniquement à l’électricité car la propriété avait quand même un système de chauffage à part le fameux poêle à bois et il aurait acheté son bois pour l’hiver suivant comme à l’habitude.

La morale de cette histoire, souvent les gens pensent à tort que c’est le prix qui fait qu’une promesse d’achat devient intéressante ou non. C’est une autre preuve que les autres points sont parfois aussi sinon plus important que le prix. La date de prise de possession et les inclusions sont souvent très importantes et tout autant que le prix selon moi. Il y a des gens qui par principe, ne dérogeront pas de leur conviction et sont prêts à perdre la vente ou l’achat selon le cas.

Dans un prochain texte, je pourrai parler des différents points dans la promesse d’achat qu’il faut ne pas prendre à la légère et qui peuvent faire en sorte que ça pourrait faire pencher la balance vers une acceptation ou un refus de la promesse d’achat ou de la contre-proposition selon le cas.